Le troisième trimestre

J’ai particulièrement apprécié le 3ème trimestre de ma grossesse. Par rapport aux précédents, bébé est relativement éveillé et j’avais alors la sensation d’échanger avec lui au quotidien, en sachant que j’allais bientôt le rencontrer.
Pendant les temps calmes (quand j’étais assise où allongée) il bouge de plus en plus et déforme mon ventre. Cela m’amusait beaucoup et mon chéri aussi. On essayait de jouer avec lui, de l’emmener d’un côté ou de l’autre du ventre et parfois on y arrivait plutôt bien smile .

J’ai voulu garder une trace de ces moments, mais impossible de filmer mon ventre qui bougeait, bébé était malin et dès que je sortait le téléphone ça s’arrêtait. Idem pour les photos ça ne rend rien de bien.
C’est une sensation que j’ai vraiment apprécié et j’ai profité à fond de ces petits moments.

Les cours de préparation à l’accouchement

C’est assez dur de se faire une idée de ce que sont les cours de préparation à l’accouchement, quand on en a jamais fait. En début de grossesse nous nous étions renseignés sur le net, et nous étions tombé sur des vidéos d’haptonomie et de chant prénatal, pas du tout notre délire avec Willy ^^

J’ai choisi de faire ma préparation à l’accouchement avec ma sage-femme libérale : 6 cours en tout pris en charge par la sécurité sociale, portant sur des thèmes différents, et abordant un peu toutes les questions que l’on peut se poser en fin de grossesse. Ils associent une partie théorique et une partie relaxation.

Je ne me voyais pas du tout dans un cours avec quinze autres futures mamans, où les personnes changent d’une fois sur l’autre. Tant mieux pour moi, ma praticienne organise des cours en petit comité de 3.

1er cours de préparation à l’accouchement : L’anatomie. Petit rappel sur l’anatomie de l’appareil génital, comment est notre utérus, le bassin, le passage de bébé dans le bassin, l’insertion des ligaments sur le bassin et le périnée, les douleurs ligamentaires, le périnée ; le cours se termine avec un petit quart d’heure de relaxation.

Les autres cours se ressemblent un peu tous dans l’ensemble, on y reparle anatomie, on y pose questions de base sur l’accouchement, on discute entre maman sur le déroulement de nos grossesses. On essaie de parler de ce qui nous fait peur ou pas ; dans l’ensemble on dédramatise beaucoup, on rit et ça fait du bien!

L’avant dernier cours se déroule avec les papas, pour qu’eux aussi puissent prendre la parole. On fait de bref rappels sur ce qu’on a vu entre nous et la sage-femme explique aux papas quels sont les signes qui montrent qu’il faut partir. Bon ce cours était sympa mais sans plus ; il n’a pas trop plu à mon cher et tendre parce qu’un des futurs papas, qui avait déjà un enfant, monopolisait toute la parole. Lui qui est plutôt timide ne s’est pas spécialement senti à l’aise.

Le 6ème cours aborde La poussée. C’est celui que j’appréhendais le plus, déjà parce que j’avais un peu peur de pousser, mais aussi car je pensais ne pas être prête pour accoucher sans avoir eu ce cours.
… En fait je m’en suis fait tout un monde, parce que autant tout vous dire c’est pas vraiment ce cours qui t’apprends à pousser. Oui on te dit comment te mettre, on t’explique comment pousser, on simule la poussée. Mais tu comprends vraiment ce que c’est le jour J, les sensations ne sont pas descriptibles tant qu’on ne connait pas.

Echo des 32 SA (écho du 7 ème mois)

J’ai eu de nombreuses échographies de contrôle au long de ma grossesse. Si d’un côté c’est rassurant de se savoir suivi de près, de l’autre ça devient un petit peu blasant. La magie de découvrir bébé à l’écran s’estompe un peu quand même… Nous n’avions plus l’impression d’y aller pour rencontrer bébé, mais pour que l’on nous annonce un truc qui clocherai encore.
Le principal c’est que tout va bien : on mesure bébé sous toutes les coutures. Il a bien grandit et grossit.

Visite sage-femme de l’hôpital 8 et 9 ème mois

Pour les deux derniers mois nous ne voyons plus notre sage-femme libérale, nous passons les deux dernières visites avec une sage-femme de l’hôpital. Et là j’ai un peu stressé, de recommencer, raconter notre histoire, rencontrer quelqu’un que je ne connaissais pas. J’avais peur de son jugement (vu mon vécu avec les praticiens gynécologues), j’avais peur qu’elle me fasse des remarques sur mon poids, sur moi.

Finalement tout s’est bien passé, cette nouvelle sage-femme était plutôt sympatique. Quand je suis sortie j’ai soupiré de soulagement smile

Pas vraiment les temps de souffler, on enchaîne directement avec le prochain rendez-vous.

Le rendez-vous avec l’anesthésiste

L’échange n’a même pas duré 5 minutes :

Bah oui, vous comprenez bien madame, vous connaissez déjà, vous êtes de la maison*, donc on va faire vite pour tout vous expliquer […] et voici la documentation qu’on donne aux mamans, mais de toute façon c’est du pipeau :  la péridurale c’est que 2% de risque que ça se passe mal, mais quand ça ce passe mal c’est 100% pour vous !

* (je suis infirmière)

C’est rassurant tout ça ! Petite palpation au niveau du dos pour voir s’il est possible de me faire une péridurale. Et bien au revoir madame bonne fin de journée. Outch c’est expéditif mais au final cette étape pour moi n’aura pas servie à grand chose. Vous allez comprendre pourquoi !

Le jour J  :

J’ai accouché le vendredi 19 décembre, après une nuit mouvementée en contractions. Je n’ai pas paniqué dans la nuit, je contractais mais ma sage-femme m’avait dit d’attendre de contracter toutes les 5 minutes pendant deux heures avant de partir pour la maternité, et moi j’étais plutôt à une tous les trois quart-d’heure. J’ai quand même réveillé mon homme pour lui dire « heu je crois que je contracte ». Les yeux à demi-ouverts il m’a dit « oui oui d’accord… » et s’est rendormi, ahaha…

Il m’a dit plus tard s’être rendormi heureux, en se disant « Chouette, c’est pour aujourd’hui ! », mais en n’imaginant pas que cela allait se passer aussi vite…

Car je ne suis jamais passée par le stade des 5 minutes  :P

… Vers 6h40 le vendredi matin je perds les eaux et là c’est le drame, je contracte toutes les 3 minutes c’est supportable encore, mais douloureux. Je prends une douche et je mange un morceau avant de partir, on ne sait jamais si cela doit durer des heures je préfère manger avant de partir, parce qu’une fois sur place après c’est interdiction de manger ou boire  :D

Nous partons à 7h45 et on tombe directement dans les bouchons, la pire crainte de mon chérichou, évidemment ! À partir du moment où j’ai commencé à crier il ne s’est plus posé de questions et a pris toutes les voies de bus cool  ! Nous sommes arrivés à 9h aux urgences gynécologiques.

Passons les détails pas très glamour… après un monitoring et les examens d’usage on me passe en salle de naissance. On m’annonce au bout de quelques minutes que je vais avoir la péridurale. Chouette, parce que j’ai mallll… La sage-femme de la salle de naissance me réexamine : Dilatation complète :

Hé bien ma petite dame ça sera sans péri

(Re-chouette  ^^ , même pas peur je suis une warrior ).

Bon autant que tu le saches, après toutes ces étapes d’examens et d’allers-retours du personnel soignant on peut dire que mon intimité fait désormais partie du domaine public… La pudeur on l’oublie un peu pendant l’accouchement…

Je vous passe tout ce que j’ai vécu en salle d’accouchement (au passage à la presque césarienne parce que le cœur de mon bibou ralentissait).

Enfin il est sur moi, enfin je le vois, je le touche, celui que j’ai rêvé pendant 9 mois, que j’ai imaginé, il est encore plus beau que dans ma tête. Et je suis soulagée : il va bien.

Et là dans ce bloc, entourée de personnes que je ne connaissais pas, ou à peine on me demande : Alors comment il va s’appeler ce petit garçon ?

− JOLAN.

Je réalise qu’il est bien là, vivant, contre moi. J’aimerai être avec mon homme qui est dans la pièce d’à côté. Il n’a pas pu assister parce qu’on ne fait pas rentrer les papas au bloc. J’aurai voulu qu’il soit près de moi pour lui dire combien je l’aime.

Il est 10h19 et je suis Maman… pour la première fois de ma vie je suis responsable de quelqu’un d’autre que moi.

Ce qui m’a fait bizarre c’est de prononcer son prénom pour la première fois. Ce prénom que nous avions caché depuis si longtemps. Le dire à voix haute rendait la chose vraiment officielle.

Quelqu’un prend Jolan pour l’emmener faire les premiers examens et le montrer à son père.
À mon retour dans la salle de naissance je les vois tous les deux en peau à peau, et là une vague immense de bonheur se répand en moi : de les voir tous les deux, mes deux amours, c’est quelque chose de tellement fort.

On prévient la famille, et j’attends d’être remontée dans ma chambre pour appeler les amis.

Les petites mains de Jolan sont toutes mignonnes :-3

Ses petites mains sont toutes mignonnes :-3

Visite à la mater’

J’ai accouché le matin et j’ai pu recevoir des visites dès l’après-midi. Ma maman et mon frère sont passés voir le petit bout de chou. C’était plutôt agréable de présenter notre mininous, mais ils ne sont pas restés trop longtemps, ce qui nous a permis de profiter de cette première journée à trois.

Papa est gaga, maman aussi mais nous sommes un peu fatigués de la matinée (et la nuit pour moi) mouvementées.
Les sages-femmes passent et repassent de jour comme de nuit pour voir si tout va bien. Ce que je trouve bizarre c’est qu’on me laisse seule pour allaiter on ne me remontre pas vraiment comment il faut s’y prendre alors je me débrouille du mieux que je peux, ça à l’air de fonctionner, je ne me prends pas trop la tête.

Puis le soir arrive vite, Willy repart à la maison, et pour moi c’est un déchirement, ça fait bizarre qu’il parte, qu’on ne soit plus tous les trois, que je ne sois plus avec lui. En même temps avec du recul, il a bien fait de partir pour se reposer et revenir de plus belle le lendemain, parce que la première nuit n’a pas été de tout repos. Bébé n’arrêtait pas de pleurer, il demandait le sein sans arrêt et moi je me sentais épuisée. J’ai donc demandé à mon chéri de rester avec moi la deuxième nuit, et là notre bébé a été adorable (hum il se moque déjà de sa mère celui-là O_o ).

J’ai trouvé difficile de devoir me « séparer » de mon mari chaque soir, de le retrouver le matin était un bonheur et un soulagement. Pour que de son côté il ne se sente pas trop seul non plus à la maison, je lui avais préparé une boîte à papa : je ferai prochainement un article pour montrer le contenu et vous raconter le ressenti de mon chéri.

Les soins et les visites rythment la journée à la maternité. Les visites ça fait plaisir mais c’est parfois fatigant quand il y a beaucoup de monde dans la chambre. Déjà qu’il fait une chaleur à crever ; avec les gens c’est encore pire.

Tout allait bien à la maternité, mais on trouvait que Jolan était un peu « Jaune ». Effectivement il a une jaunisse, on le surveille pour pouvoir sortir comme prévu lundi.

Lundi matin arrive, toute contente car aujourd’hui je pars. Mon chéri arrive avec le cosy et on commence à se faire à l’idée qu’on va pouvoir rentrer à la maison. Mais à midi le couperet tombe :

Vous allez rester un jour de plus, pour surveiller la jaunisse de votre fils …

Quelle idée de m’annoncer cela pendant mon repas ô combien délicieux de l’hôpital : poisson sans goût et pommes de terre vapeur. Forcément j’ai pleuré.
J’ai pleuré parce que j’allais encore passé une nuit seule (enfin avec Jolan, mais sans mon chéri), parce que pour moi c’était nul de rester dans cette chambre, même si c’était pour le bien de bébé, parce que nous ne sommes pas chez nous et que j’avais besoin de retrouver le calme de la maison, de ne plus entendre les sonnettes, les bébés qui pleurent et les visites à toutes heures du personnel paramédical (C’est difficile de passer de l’autre côté de la barrière) J’ai pris sur moi, j’ai ravalé mes larmes et j’ai patienté jusqu’au lendemain.

Retour à la maison

Jolan sur le départ de la maternité

« Baby J » prêt pour affronter l’extérieur

Le retour à la maison fut magique. Enfin j’ai pu sortir de ma chambre confinée de l’hôpital où je me sentais comme un lapin en cage. Que c’est bon l’air frais du matin.
Nous sommes donc sortis le mardi 23 décembre (impeccable pour les fêtes de Noël en famille). Une fois installés dans notre voiture, là on réalise que l’on part pour une nouvelle aventure. Nous rentrons chez nous, tous seuls comme des grands, sans avoir plus personne à appeler dans la nuit si on a des soucis avec notre fils. Mais nous sommes heureux, un peu bêtas même : en mode notre fils est le plus beau (oui nous sommes tout à fait objectifs ^^ ).

Nous n’avons pas vraiment eu le temps de nous adapter à notre maison avec lui, parce que nous avons décidé de passer les fêtes de Noël en famille. Nous n’étions donc pas à la maison ou très peu.

L’article a mis du temps à venir, parce qu’il fallait que je reprenne mes marques, que je m’habitue à ma nouvelle condition de maman. Prendre mon temps et profiter des premiers instants de mon fils était pour moi plus important.

Jolan a bientôt deux mois, il se porte comme un charme et nous rend encore plus heureux et plus amoureux qu’avant. Je ne sais pas si nous sommes, ou nous serons de bons parents, mais nous faisons de notre mieux ! On apprend tous les jours un peu plus à connaître Jolan, à reconnaître ses cris pour comprendre ce dont il a besoin. On s’apprivoise.

L’accouchement est une épreuve, je ne dirais pas que c’était le plus beau jour de ma vie parce que j’ai eu mal, parce que j’ai eu peur pour lui… mais le rencontrer c’est tellement beau et unique !

Merci à tous, pour vos gentils mots, vos petits présents pour lui, et enfin merci d’avoir été présents pour nous smile

8 commentaires

  1. Oh mon lapin quel magnifique article que j’ai dévoré !
    Tu seras un maman formidable je te promet !! Oui c’est sûr, on dit ça a tout le monde mais moi je le pense vraiment !!! je sais que ton petit bébé trésor sera heureux et épanoui avec vous 2 !!
    Merci d’avoir pris le temps pour écrire cet article aussi magique qui ma mis des frissons !!
    Je t’aime mon petit lapin d’amour heart Des énormes bisous à vous 3

  2. @auri Merci infiniment :D, je transmets les bisous
    @babbychou mon chou tu es adorable, l’article j’avais très envie de l’écrire, et je pense que d’autre vont arriver bigsmile je t’aime aussi et merci pour tes gentils mots sur mon écriture et tous tes bisous pour nous bigsmile

  3. Coucou Amandine, je viens de finir de te lire et tu as reussi a décrire ces journées avec les bons mots. Je te souhaite de vivre cette aventure comme je le vis au quotidien avec Elouann. Des bisous de nous 3

  4. Tjs un plaisir de lire tes jolis lignes de cette magnifique nouvelle vie qui commence à 3. Emouvant de te lire. Je vous souhaite tout le bonheur du monde !

  5. Coucou,
    Je viens de découvrir ton récit d’accouchement. J’aime toujours lire ce genre de récit. Je n’ai pas eu droit non plus à la péridurale mais finalement je me dis que c’était bien ainsi. Par contre, en Belgique tout est prévu pour que les papas puissent dormir à la maternité, on leur donne un lit et tout… c’est quand même mieux, je comprends ton déchirement, je n’aurais pas supporté qu’il ne soit pas là la nuit. Gros bisous à vous 3

  6. @morgane Pour l’instant, l’aventure démarre bien, c’est bien chouette ^^
    @amyot Merci bigsmile
    @sandra Merci pour tout smile
    @aurelie-sunnybaby Moi aussi avec du recul je suis ravie d’avoir accouché sans péri ce n’est pas ça qui m’a le plus angoissé dans l’accouchement mais le ralentissement du cœur de Jolan.
    Willy pouvait dormir à la mater mais il fallait s’y prendre un peu en avance pour avoir un lit parce qu’il n’y avait pas assez de lit pour tous les papas… Il a tout de même dormi une nuit avec moi et ça c’était très appréciable. Des bisous

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